ESOS concentre ses efforts de recherche sur l’analyse du cycle de vie et l’écoconception des systèmes électroniques. Si l’analyse du cycle de vie s’attache à évaluer les impacts environnementaux d’un système, l’écoconception vise à minimiser ces impacts.

L’analyse du cycle de vie
La communauté scientifique et industrielle met en place depuis les années 90 la notion d’analyse du cycle de vie d’un produit ou service. Les procédures d’ACV, standardisées dans les normes ISO 1404x, font progresser les analyses environnementales de produits vers plus de précision, de comparabilité et de spécificité. Des enjeux restent cependant ouverts, nécessitant des actions de recherche. En particulier, l’urgence climatique nécessite de construire des modèles précis de l’empreinte carbone des technologies numériques. Les thèses de doctorat de Olivier Weppe et Pierre Le Gargasson visent cet enjeu en développant des modèles paramétrés “bottom-up” (partant des technologies pour en déduire les impacts) et “top-down” (partant des impacts des industries manufacturières pour attribuer des impacts aux produits mis sur le marché). L’ensemble des thèses ESOS construisent par ailleurs des ACVs de différents produits : capteurs, antennes, services audiovisuels, systèmes d’alimentation ou systèmes embarqués afin d’appuyer leurs actions d’écoconception.
L'écoconception
L’écoconception est définie dans le Règlement (UE) 2024/1781 comme “l’intégration de considérations relatives à la durabilité environnementale dans les caractéristiques d’un produit et dans les processus mis en œuvre tout au long de la chaîne de valeur du produit”. Cette intégration peut prendre de nombreuses formes, selon les technologies et expertises mises en oeuvre. La roue de Brézet permet de visualiser les différentes formes d’écoconception envisageables, qu’il convient d’évaluer par différentes analyses du cycle de vie. La figure suivante en développe une variante spécialisée à l’électronique :

Les thèses ESOS, déployées dans les laboratoires IETR (Institut d'Electronique et des Technologies du numéRique) et IRISA (Institut de Recherche en Informatique et Systèmes Aléatoires) couvrent un large spectre de formes d’écoconception, allant de la substitution de matériaux à la co-optimisation matériel-logiciel, la fabrication additive, la récupération d’énergie et l’allongement de la durée de vie des systèmes. Le déploiement de ces méthodes et leur combinaison avec des ACVs des systèmes cibles permettent de déterminer les meilleures opportunités d’écoconception et de localiser les principaux verrous scientifique à la baisse des impacts environnementaux des systèmes. Ils permettent également de préparer le domaine à la mise en place de stratégies de circularité en électronique numérique.


